Condensation sur une porte-fenêtre : buée intérieure, extérieure ou entre les vitrages

La condensation sur une porte-fenêtre est le dépôt de la vapeur d'eau présente dans l'air du logement sur une paroi froide descendue sous son point de rosée. Buée intérieure, rosée extérieure ou humidité prisonnière entre les vitrages : la face concernée désigne à elle seule la cause et la solution.

Trois condensations, trois diagnostics

  • Côté logement : le taux d'humidité est trop élevé, ou la température de surface du vitrage trop basse. La ventilation passe avant tout achat de matériel, faute de quoi des moisissures apparaissent.
  • Côté rue, au petit matin : la menuiserie isole bien, le phénomène est passager, aucune intervention n'est justifiée.
  • Entre les deux verres : le scellement périphérique est rompu, et seul le remplacement du vitrage isolant y remédie.

Sur quelle face se dépose l'eau

En hiver, la vitre est la paroi la plus froide de la pièce, bien avant le mur : c'est donc là que le problème devient visible en premier. Un double vitrage compte quatre faces de verre, numérotées depuis la rue : la face 1 regarde l'extérieur, les faces 2 et 3 bordent la lame de gaz, la face 4 donne sur le logement. Cette numérotation sert ici de grille de lecture, car la condensation ne se comporte pas de la même façon selon la face qu'elle mouille, et l'erreur la plus fréquente consiste à traiter les trois cas comme un seul défaut thermique.

La règle physique, elle, est unique : la vapeur se condense dès qu'elle entre en contact avec une paroi plus froide que le point de rosée de l'air qui la baigne. Ce qui change d'un cas à l'autre, c'est quel air touche quelle surface. À l'intérieur, c'est l'air du salon ou de la chambre. Dehors, c'est celui de la nuit. Entre les verres, c'est un air qui n'aurait jamais dû s'y trouver.

Où se dépose l'eau Ce que cela signifie Ce qui doit changer
Face intérieure, côté logement Taux d'humidité trop élevé, ou température de surface du vitrage trop basse, ou les deux La ventilation d'abord, la température de surface ensuite
Face extérieure, côté rue La menuiserie retient si bien la chaleur que le verre extérieur descend sous la rosée nocturne Rien : la condensation est passagère et signe un bon vitrage
Entre les deux verres L'étanchéité périphérique du vitrage isolant est percée et le gaz s'est échappé Le vitrage, à remplacer ; la menuiserie reste en place

Le point de rosée, seule règle à retenir

Le point de rosée est la température à laquelle un air donné devient saturé. Au-dessus, la vapeur reste invisible ; en dessous, elle se dépose en gouttelettes sur la première paroi venue. Sa valeur ne dépend que de deux informations, la température de l'air et son taux d'humidité relative, que n'importe quel thermomètre hygromètre à quelques euros affiche côte à côte.

Dans un logement chauffé à 20 degrés, l'ordre de grandeur se retient facilement. À 40 pour cent d'humidité relative, la rosée se situe autour de 6 degrés. À 50 pour cent, autour de 9. À 60 pour cent, autour de 12. À 70 pour cent, autour de 14. Chaque tranche de dix points d'hygrométrie en plus fait donc remonter le seuil de deux à trois degrés, et rapproche d'autant le moment où la vitre se couvre.

La température que votre vitrage atteint réellement

Le calcul normalisé de la température de surface intérieure d'une paroi vitrée utilise une résistance superficielle de 0,13 mètre carré kelvin par watt. Il suffit d'appliquer cette valeur au coefficient Ug du vitrage pour savoir où l'on se situe. Par zéro degré dehors et vingt dedans, un simple vitrage, dont le Ug avoisine 5,8, descend autour de 5 degrés en face intérieure. Un vieux double vitrage dépourvu de couche peu émissive, autour de 2,8, tourne autour de 13 degrés. Un vitrage isolant courant d'aujourd'hui, autour de 1,1, reste vers 17 degrés.

Rapprochez ces deux séries de nombres et la condensation s'explique sans mystère. Avec un taux de 60 pour cent dans la maison, la rosée est à 12 degrés : le simple vitrage ruisselle, le vitrage des années quatre-vingt se couvre par intermittence, le vitrage récent reste sec. Avec 45 pour cent, le seuil tombe vers 8 degrés et seul le simple vitrage condense encore. C'est ce croisement, et lui seul, qui décide de l'apparition du phénomène sur une vitre. Le détail des compositions et des coefficients se trouve dans notre article sur le double vitrage de porte-fenêtre.

Comment la condensation se forme-t-elle ?
L'air d'un logement contient de la vapeur d'eau invisible. Quand il touche une surface dont la température est inférieure à son point de rosée, il ne peut plus la retenir : la vapeur se condense en gouttelettes. Le vitrage étant la partie la plus froide d'une paroi, c'est presque toujours là que la condensation devient visible en premier.

Pourquoi une porte-fenêtre se couvre avant les autres ouvertures

À performance égale, une porte-fenêtre condense plus tôt qu'une fenêtre posée en allège, et trois raisons propres à sa géométrie l'expliquent. La première tient à la stratification de l'air : dans une pièce chauffée, l'air froid descend le long du vitrage et s'accumule au ras du sol, si bien que le bas d'une paroi vitrée toute hauteur baigne dans un air sensiblement plus frais que le haut. La zone qui se trouve juste au-dessus du seuil est donc celle où la condensation se forme en premier.

La deuxième raison est le seuil lui-même. Beaucoup de modèles reçoivent un profilé bas continu, parfois en aluminium, pour permettre le passage sans ressaut : cette pièce conduit la chaleur bien mieux que le reste de la menuiserie et crée un pont thermique au niveau du plancher. La troisième raison est domestique : on tire volontiers un rideau épais devant une porte-fenêtre, ou l'on colle un meuble contre elle. Le tissu coupe la vitre de l'air chauffé de la pièce, la surface perd plusieurs degrés en une nuit, et l'on retrouve au réveil une flaque sur le seuil sans avoir rien changé au chauffage.

Un dernier facteur s'ajoute quand un volet roulant est intégré : le caisson traverse l'isolation et refroidit la traverse haute des vantaux. Ce point est développé à part, dans la porte-fenêtre avec volet roulant.

Le matériau du dormant change la température de surface

La condensation apparaît d'abord sur les points faibles de la paroi, et le cadre en fait partie autant que le verre. Les trois matériaux courants ne se comportent pas de la même façon, ce qui explique que deux menuiseries de Ug identique ne condensent pas au même moment.

  • Le PVC multichambre isole naturellement bien : les cloisons internes du profilé emprisonnent de l'air immobile, et la face vue reste proche de la température de la pièce.
  • L'aluminium conduit très fortement la chaleur. Un profilé à rupture de pont thermique, dans lequel une barrette de polyamide sépare la partie extérieure de la partie intérieure, corrige l'essentiel du défaut ; un profilé ancien sans cette rupture reste la zone la plus froide de toute la baie et se couvre de gouttelettes avant le vitrage.
  • Le bois occupe une position intermédiaire et présente également un avantage propre : il absorbe une part de l'humidité de l'air avant de la restituer. En contrepartie, une condensation qui ruisselle sur un dormant bois mal protégé finit par faire gonfler puis pourrir le pied du montant.

L'intercalaire du vitrage joue le même rôle sur les quelques centimètres de périmètre. Un modèle métallique classique conduit le froid tout autour du verre et fait apparaître un liseré d'eau en partie basse. Un intercalaire dit warm edge, à bord chaud, en composite ou en acier mince, relève la température de cette bande et repousse le seuil d'apparition. L'information figure sur la fiche produit, et la lecture d'une fiche technique de fenêtre indique où la chercher pour choisir en connaissance de cause.

De l'eau sur la face extérieure, et c'est une bonne nouvelle

Ce cas déroute et provoque chaque automne des appels au poseur. Par une nuit claire et calme, le verre extérieur d'un bon vitrage isolant rayonne sa chaleur vers le ciel et descend sous la température de l'air ambiant, exactement comme le pare-brise d'une voiture ou une pelouse qui blanchit. La rosée s'y dépose alors, et le voile disparaît de lui-même dès que l'apport solaire réchauffe la façade ou que le vent se lève.

Cette condensation extérieure prouve que la face 1 ne reçoit presque plus de chaleur venue du logement. Sur une menuiserie ancienne, cette chaleur perdue réchauffait le verre extérieur et empêchait la rosée de s'y former : son absence était donc, sans qu'on le sache, un signe de déperdition. Aucun fabricant ne remplacera un vitrage pour ce motif, et aucun devis n'est à demander.

Pourquoi y a-t-il de la condensation sur mes fenêtres alors qu'elles sont neuves ?
Une menuiserie neuve ferme les passages d'air parasites qui renouvelaient l'air à votre insu. Si le logement n'a pas de ventilation mécanique, ou si les entrées d'air n'ont pas été prévues, l'humidité produite chaque jour ne sort plus et le taux ambiant monte. La condensation qui apparaît après des travaux ne dénonce donc pas un défaut de la menuiserie, mais une ventilation restée en arrière.

Quand l'eau est enfermée entre les deux verres

Un vitrage isolant est une enceinte close : deux verres séparés par un intercalaire, un gaz sec emprisonné entre eux, un scellement périphérique qui tient l'ensemble étanche, et un déshydratant logé dans l'intercalaire qui absorbe l'humidité résiduelle. Quand ce scellement se fissure, l'air extérieur entre, le déshydratant sature au bout de quelques mois, et la condensation commence à se former entre les deux verres, en partie basse d'abord.

Le diagnostic est sans appel : cette eau est inaccessible au chiffon. Ni séchage, ni produit, ni perçage ne redonne au vitrage la performance partie avec le gaz. Le vitrage se remplace, généralement sans toucher au dormant ni à l'ouvrant si la menuiserie est saine, ce qui rend l'opération bien moins coûteuse qu'un changement complet. Demandez un devis portant sur la seule fourniture et la repose du vitrage avant d'envisager autre chose, et comparez-le à celui d'une rénovation complète de la menuiserie si plusieurs vantaux sont concernés.

D'où vient l'eau : ce qu'un logement produit chaque jour

On raisonne sur la vitre alors que la source est ailleurs. Un foyer produit de la vapeur en permanence, en quantités que l'on sous-estime largement. Une personne en rejette de l'ordre d'un litre et demi par jour par la respiration et la transpiration. Une douche chaude en libère de l'ordre d'un à deux litres. Une cuisson à l'eau sans couvercle, autant. Une machine de linge étendue à l'intérieur en relâche deux à trois litres sur une journée entière.

Additionnez pour une famille de quatre personnes et vous obtenez couramment dix à quinze litres injectés dans le volume d'air de la maison. Cette eau ne disparaît pas : soit elle sort par la ventilation, soit elle se dépose sur les parois les plus froides, à commencer par vos vitrages. Certaines habitudes chargent l'air bien plus vite que les autres.

  • Étendre le linge à l'intérieur sans extraction, en particulier dans une chambre fermée la nuit.
  • Faire fonctionner un sèche-linge non condensant sans évacuation vers l'extérieur.
  • Cuisiner sans hotte raccordée, ou avec une hotte à recyclage qui filtre les odeurs sans évacuer un gramme de vapeur.
  • Prendre des douches longues dans une salle de bain dont la porte reste ouverte sur le couloir.
  • Utiliser un appareil de chauffage d'appoint au pétrole ou au gaz non raccordé, qui produit presque autant d'eau que de chaleur.

Un hygromètre posé dans le salon donne la mesure en quelques secondes. La plage de confort se situe entre 40 et 60 pour cent d'humidité relative. Au-delà, la condensation n'est qu'une question de temps ; en dessous de 35 pour cent, l'air devient inconfortablement sec.

La ventilation, remède de premier rang

Depuis l'arrêté du 24 mars 1982, la ventilation des logements est générale et permanente : l'air neuf entre par les pièces principales, balaie le logement et ressort par les pièces de service, cuisine, salle de bain et cabinet d'aisance. Ce principe de balayage explique pourquoi une entrée d'air obturée dans une chambre dérègle l'extraction à l'autre bout de la maison. Sur une installation mécanique, le groupe fonctionne en continu et ne se coupe ni la nuit ni pendant les vacances.

Trois solutions techniques couvrent la quasi-totalité des cas. Le système de ventilation naturelle repose sur des grilles hautes et basses et sur le tirage thermique, sans consommation mais sans régularité. La VMC simple flux extrait l'air vicié en continu, l'air neuf entrant par des menuiseries équipées de modules en traverse haute ; c'est le montage que l'on rencontre le plus souvent en rénovation. La VMC double flux insuffle et extrait, en récupérant la chaleur de l'air sortant, ce qui supprime la sensation d'air frais et réduit les déperditions, au prix d'un réseau plus lourd à installer.

Quelques vérifications valent mieux qu'un remplacement de menuiserie. Une feuille de papier fin plaquée contre la bouche d'extraction doit tenir seule ; si elle tombe, la VMC est en panne, encrassée, ou le conduit est écrasé. Les entrées d'air des chambres doivent être libres, ni obturées par du ruban ni masquées par un cache décoratif. Un extracteur de salle de bain doit tourner pendant et après la douche, et une hotte doit être raccordée vers l'extérieur pour servir à autre chose qu'à filtrer les odeurs. Le sujet croise directement celui de l'isolation d'une porte-fenêtre, puisque toute amélioration de l'étanchéité impose une ventilation qui suive.

Aérer, et de quelle façon

Entrebâiller une porte-fenêtre pendant des heures refroidit les murs sans renouveler grand-chose. La circulation d'air efficace consiste à ouvrir en grand cinq à dix minutes, matin et soir, en créant si possible un courant traversant entre deux ouvertures opposées. L'air se remplace alors presque intégralement, tandis que les parois, qui ont une forte inertie, n'ont pas le temps de perdre leur chaleur. L'astuce est aussi la plus économique en chauffage.

Après une douche ou une cuisson, l'ordre des gestes compte : on ferme la porte de la salle d'eau ou de la cuisine pour éviter que la vapeur ne parte vers les chambres, on laisse l'extraction fonctionner, puis on aère largement la zone concernée. Étendre le linge dans un espace ouvert sur le reste du logement revient à répartir plusieurs litres d'eau sur tous vos vitrages.

Comment éviter la condensation sur ses fenêtres ?
En agissant sur les deux termes du problème. On abaisse l'humidité de l'air par une ventilation qui fonctionne, une extraction dans les pièces d'eau et une aération courte mais franche deux fois par jour. On remonte la température de surface du vitrage en dégageant la vitre des rideaux et des meubles, en chauffant de façon régulière plutôt que par à-coups, et si nécessaire en remplaçant un vitrage dépassé.
Quelles solutions pour traiter une condensation persistante ?
Dans l'ordre du moins cher au plus lourd : mesurer le taux d'humidité, rétablir le fonctionnement de la ventilation, supprimer les sources de vapeur évitables, dégager les vitrages, puis seulement envisager un déshumidificateur électrique en appoint ou le remplacement du vitrage. Passer directement à la dernière étape revient souvent à payer des travaux pour un défaut d'aération.

Remonter la température de la vitre sans changer de menuiserie

Le second levier est thermique, et il coûte rarement quelque chose. Une porte-fenêtre a besoin que l'air chauffé de la pièce vienne lécher sa surface : c'est ce mouvement qui maintient le verre au-dessus de la rosée. Tout ce qui l'interrompt fabrique une zone froide, et le conseil qui suit vaut pour tous les vitrages.

  • Reculer un canapé ou une commode plaqués contre la partie basse du vitrage, et laisser un espace libre devant la traverse basse.
  • Ne pas laisser un rideau épais tomber jusqu'au sol contre le verre pendant la nuit, ou l'écarter en partie basse.
  • Éviter les écarts de température brutaux d'une pièce à l'autre : une chambre non chauffée dont la porte reste ouverte sur un salon chaud reçoit un air humide qui se condense aussitôt sur ses parois.
  • Maintenir une consigne stable plutôt que d'éteindre puis de relancer le chauffage, les surfaces froides mettant plusieurs heures à revenir en température.
  • Fermer le volet roulant ou le store extérieur la nuit : la lame d'air ainsi créée améliore le coefficient de la baie et réchauffe légèrement la face intérieure.

Sur un simple vitrage que l'on ne peut pas remplacer, et sans risque pour la menuiserie, un film isolant tendu sur le vantail apporte un gain modeste mais réel, en interposant une lame d'air immobile devant le verre. Le procédé dépanne une saison, il ne vaut pas traitement durable.

Mesurer avant de dépenser

Le plus mauvais réflexe est de faire changer une menuiserie sur une impression. Trois relevés simples suffisent à établir l'état réel de la situation et à savoir où porter l'effort, et ils ne demandent qu'un appareil à moins de vingt euros.

Relevez d'abord la température et le taux d'humidité dans deux pièces différentes, matin et soir, pendant une semaine. Notez ensuite les circonstances d'apparition : la condensation est-elle quotidienne ou liée à une douche, présente dans toute la maison ou dans une seule pièce, visible sur toute la hauteur du vitrage ou seulement en partie basse. Vérifiez enfin la présence et le fonctionnement des entrées d'air et des bouches d'extraction. Une condensation généralisée avec un taux supérieur à 65 pour cent désigne la ventilation ; une condensation limitée à une baie avec un taux normal désigne cette baie, son cadre ou sa pose.

Ces informations changent tout pour un propriétaire comme pour l'expert appelé à constater l'état du logement. Elles évitent également de payer un diagnostic pour un défaut d'aération, et elles permettent de comparer utilement plusieurs devis lorsque des travaux s'imposent vraiment.

Quand la menuiserie est réellement en cause

Une partie des cas relève bien du matériel, et deux défauts méritent l'examen d'un professionnel une fois l'hygrométrie ramenée à un niveau correct. Le premier est la liaison du dormant avec la maçonnerie. Si l'isolant s'arrête en pied de tableau, la température y chute plus vite que sur le reste du mur et l'eau se dépose sur le retour de tableau plutôt que sur le verre : la trace se voit alors sur la peinture, en périmètre de la baie. Ce défaut figure parmi les erreurs de pose d'une porte-fenêtre les plus répandues.

Le second est l'étanchéité de l'ouvrant. Un joint durci ne comprime plus, l'air froid entre en filet le long du vantail, et la condensation suit la ligne de fuite. Une mauvaise fermeture peut produire le même effet : le vantail ne plaque plus uniformément et laisse un passage en partie haute ou basse. Un réglage de la quincaillerie suffit souvent, et la crémone de porte-fenêtre se reprend sans démonter le vantail.

Moisissures : à partir de quand il faut agir

Une buée passagère que l'on essuie n'a pas de conséquence. Une humidité qui stagne en a. Quand l'eau ruisselle sur la traverse basse et imprègne durablement le mur ou le dormant, des taches noires apparaissent en quelques semaines dans les angles, derrière les meubles et sur les joints de la partie basse. Ces colonies se développent au-delà d'environ 70 pour cent d'humidité relative en surface, bien avant que la paroi paraisse mouillée.

L'enjeu dépasse l'esthétique et touche la santé. L'exposition prolongée aux moisissures d'intérieur est associée à une aggravation des troubles respiratoires, en particulier chez les personnes asthmatiques et les jeunes enfants, ce que rappelle l'Anses dans ses travaux sur la qualité de l'air intérieur. Le nettoyage à l'eau savonneuse fait disparaître les traces, mais la colonisation repart tant que la cause reste en place. Les produits qui n'abîment ni le vitrage ni les profilés sont passés en revue dans l'entretien d'une porte-fenêtre.

Quels sont les risques d'une condensation persistante ?
Trois dégâts progressifs. Les moisissures colonisent les joints, le retour de mur et les textiles proches, avec un effet documenté sur les voies respiratoires. Les matériaux souffrent : un dormant bois gonfle puis pourrit en pied, une peinture cloque, un plâtre se décolle. Enfin, un logement humide se chauffe plus difficilement, l'air chargé en eau demandant davantage d'énergie pour monter en température.

Ce qui ne règle rien

Quelques réflexes courants déplacent le phénomène sans le traiter, et aucun ne constitue une solution. Le premier est l'absorbeur d'humidité en pastille : il capte de l'ordre de quelques centaines de millilitres par semaine, à comparer aux litres produits chaque jour dans le logement. Il rend service dans un placard fermé ou une cave, jamais à l'échelle d'une pièce de vie, et croire qu'il assainit un salon est tout simplement faux.

Le deuxième est l'obturation des entrées d'air en traverse haute, souvent posée pour supprimer une sensation de courant d'air. Elle arrête le renouvellement de l'air et transforme une gêne en condensation généralisée : c'est le faux bon geste par excellence. Le troisième consiste à essuyer la vitre chaque jour sans rien changer d'autre ; l'habitude protège le bois et les silicones, mais elle n'agit sur aucune des deux causes. Le quatrième est l'appareil de chauffage à combustion non raccordé, qui réchauffe en produisant de la vapeur, donc qui aggrave précisément ce que l'on cherche à réduire. Attention enfin à l'idée reçue selon laquelle une menuiserie neuve suffit : sans ventilation adaptée, elle déplace la condensation vers les murs, où elle est bien moins visible et bien plus coûteuse à traiter.

L'ordre dans lequel s'y prendre

Commencez par identifier la face concernée, car elle décide de tout le reste : dehors, on ne fait rien ; entre les verres, on demande un devis de remplacement du vitrage ; à l'intérieur, on continue. Mesurez ensuite le taux d'humidité et la température du logement pendant quelques jours, matin et soir, pour disposer de nombres plutôt que d'impressions.

Vérifiez la ventilation avant tout achat de matériel, supprimez les sources de vapeur évitables, aérez court et franc, dégagez les vitrages. Si la condensation persiste avec un taux ramené sous 55 pour cent, c'est que la température de surface est trop basse et que le vitrage a fait son temps : la question devient alors celle du remplacement, et les ordres de grandeur à connaître avant de solliciter un artisan figurent dans le prix d'une porte-fenêtre. Cette méthode règle la grande majorité des situations sans le moindre chantier.

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